Michaël Ruysschaert, Explore Savoie « Nous entrons dans une ère du cas par cas »
- 17 févr.
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« Les outils scientifiques de projection comme ClimSnow, développés par Météo-France avec l’Inrae et Dianeige, montrent clairement ce qui nous attend : des hivers moins froids, un enneigement plus irrégulier, notamment en moyenne montagne », explique Michaël Ruysschaert, directeur général du comité départemental du tourisme Explore Savoie.

« Cela impose de regarder notre avenir avec lucidité et sang-froid, et de penser nos enjeux économiques et sociétaux avec responsabilité », estime Michaël Ruysschaert, selon qui, parler de transition et de durabilité n’est ni tabou, ni idéologique, c’est une « responsabilité collective ». La durabilité de la montagne, c’est à la fois son modèle économique, la vie à l’année, la capacité à maintenir des familles, des services, des emplois. Elle repose autant sur le politique que sur la technique, à partir de ce que les acteurs savent déjà faire : le ski, la randonnée, le vélo, l’œnotourisme, la culture, l’outdoor au sens large.
Complémentarité entre les destinations
Pour autant, le directeur de Savoie Explore ne croit pas à un modèle unique. La transition ne peut plus être pensée par grands blocs, via des politiques publiques uniformes. « Une vallée n’est pas une autre. Notre massif alpin n’a rien à voir avec le Jura, par son histoire, ses paysages, ses infrastructures, ses contraintes. Nous entrons dans une ère du “cas par cas” : territoire par territoire, selon l’accès, la mobilité, l’offre disponible dans un rayon proche, la dynamique économique et la capacité d’investissement », souligne-t-il. Dans certains territoires, le vélo peut devenir un pilier structurant. Ailleurs, ce sera la gastronomie, une offre culturelle forte et/ou un univers outdoor singulier. « L’enjeu n’est pas de tout faire partout, mais d’assumer ses forces, de les approfondir et de jouer la complémentarité entre destinations plutôt que la concurrence frontale. Le socle, lui, reste le même : la vie en montagne. Des familles, des enfants, des habitants capables d'animer un territoire toute l’année », rappelle-t-il. Selon lui, la transition n’est pas une ligne droite, mais comme un processus pluriel impliquant de valoriser les particularismes, vallée par vallée, village par village, « pour éviter de tous proposer la même offre standardisée ».
Financement partenarial
Le ski demeure central et indispensable, « tant que la nature le permet » et que les conditions restent réunies, tout en dialoguant avec d’autres activités pour sécuriser l’avenir. « La question centrale du financement de cette durabilité est incontournable : il sera, à l’évidence, multiple et partenariale », insiste Michaël Ruysschaert. Et de conclure sur une note résolument optimiste : « La montagne, et particulièrement la Savoie, a toujours fait preuve de pragmatisme. Les Savoyards savent prendre appui dans la pente et regarder la réalité en face, transformer la contrainte en opportunités et inventer, une nouvelle fois, leur propre chemin ». //Patricia Rey




