Cédric Gosse, FFTri : « Apporter une plus-value aux pratiquants »
- 29 juil. 2025
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Dernière mise à jour : 11 avr.
Après le succès de Paris 2024, la Fédération de triathlon poursuit la professionnalisation de ses clubs, dans la lignée de l’« héritage » olympique.

Les six médailles (deux en triathlon, dont un titre, et quatre en paratriathlon, dont deux titres) remportées par la délégation française aux JO de Paris, dans un décor qui a marqué les esprits, ont apporté une forte visibilité médiatique à la discipline. « Nous avons énormément besoin de la télévision, et la production des Jeux a été à la hauteur », reconnaît Cédric Gosse, président de la FFTri et nouveau secrétaire général du CNOSF (Comité olympique), qui précise : « La valorisation des médias est estimée à 15 millions d’euros, alors qu’elle n’était que de 1,5 million l’année précédente, lors du test event organisé sur les mêmes sites, comme répétition générale. Un chiffre inespéré pour notre Fédération, et qu’elle ne pourra plus atteindre dans le futur ».
L’événement olympique a ainsi offert au triathlon une promotion majeure, qui se concrétise par un afflux de néo-pratiquants dans les clubs. Les licences (*) ont fait un bond de plus de 10%, pour dépasser aujourd’hui les 70 000 unités. Le nombre de Pass Compétition, licence à la journée pour participer à un événement, est passé quant à lui de 190 000 à 230 000. Des pratiquants occasionnels qui se dirigent à 70% vers le triathlon, devant le bike and run (7,7%), le raid (6,27%) et le swimrun (5,39%).
Modèle économique des clubs
Mais comment répondre au besoin d’encadrement découlant de cette croissance ? « L’héritage des Jeux, pour nous, s’articulera autour de la question de la professionnalisation au sein des clubs, que nous développons depuis 2023, afin d’accueillir et de fidéliser les nouveaux licenciés », affirme le président, qui ajoute : « La création d’emplois apporte une plus-value aux pratiquants ». L’objectif figure en bonne place dans le projet fédéral en cours, et prévoit notamment de soutenir l’action des territoires dans cette démarche. La responsable de ce dossier, nommée pour accompagner l’initiative en lien avec les ligues régionales, répond à près d’une centaine de sollicitations par an. « Grâce à un travail de cartographie, on connaît le modèle économique des clubs et comment ils se financent. Avec 125-130 licenciés, ils ont les capacités de créer un emploi à temps plein d’entraîneur, également chargé de missions administratives », explique Cédric Gosse. En 2024, sur les 1 019 clubs fédéraux, 284 d’entre eux employaient 545 salariés. Les clubs accueillent 65 licenciés en moyenne : si près de la moitié (479) ont moins de 40 licenciés, 307 en comptent entre 40 et 100, 195 entre 100 et 250, et seuls 38 en comptent plus de 250. Les plus grosses structures se trouvent en Ile-de-France, où le seuil de saturation est le plus souvent atteint en raison de la rareté des créneaux de piscine. « Sinon, les capacités d’accueil sont toujours là », assure Cédric Gosse. C’est d‘ailleurs l’Ile-deFrance qui abrite le plus de clubs (127), devant Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, PACA et l’Occitanie, tous dépassant la centaine.

Qui dit encadrement renforcé, dit formations étoffées : la FFTri a développé les formations DEJEPS d’entraîneur et/ou agent de développement, au sein de ses 4 centres de formation, à travers un cursus de 15 mois en alternance. Le nombre de diplômés à l'année a été multiplié par 4 depuis 2009, pour atteindre le chiffre de 213 en 2025. L’objectif ultime est d’ouvrir la pratique au plus grand nombre, en rendant le triathlon et ses disciplines associées accessibles à tous, « quels que soient l’âge, le lieu de vie et la condition sociale, le niveau sportif ou le handicap », précise le président. Le nombre d’épreuves compétitives augmente lui aussi, tendant vers les 4 000 cette année. Sur les 3 454 organisées en 2024, le triathlon se taillait la part du lion, avec 1 396 épreuves, loin devant le bike and run (439), l’aquathlon (412) et le duathlon (373).
Le succès des Jeux a également permis à la Fédération de fidéliser certains partenariats, resignés pour quatre ans, mais sans réussir à éclipser totalement le contexte économique anxiogène : « Certains partenaires, frileux, n’ont pas renouvelé leur contrat. Certes, le bilan s’avère très positif, mais les discussions continuent », tempère Cédric Gosse. « De plus, la Fédération a fait le choix de verser des primes aux athlètes médaillés. Nous devons nous montrer attentifs à ses finances », ajoute-t-il.
Culture de la performance
Adepte de la proximité, le président, accompagné des présidents de ligues, a mené un tour de France des Conseils régionaux et départementaux. Objectif : aller au contact des collectivités pour créer du lien. « Rencontrer les vice-présidents chargés des sports nous permet de faire connaître les actions de la Fédération, en faveur d’une pratique sportive engagée, durable et responsable. Nous mettons en avant les projets des ligues, qui pourront trouver un soutien potentiel auprès des acteurs publics », explique Cédric Gosse. La FFTri se distingue ainsi par sa culture de la performance. « C’est le DTN Franck Binier qui a initié cette action dès 2009, en mettant en place une culture-maison, fondée sur la détection et l’accompagnement des athlètes, avec la performance au centre de tout », rappelle Cédric Gosse. « La Fédération a fait des choix forts lors de certains rendez-vous européens ou mondiaux, en concentrant ses moyens. Pour les athlètes, être sélectionné signifiait aller chercher des médailles, et non y être envoyé en guise de récompense ».
Cette place accordée au haut niveau à la FFtri, et les résultats qui en découlent, portent leurs fruits. La Fédération a trouvé « soutien et considération » auprès du ministère des Sports et de l’Agence nationale du sport. Cédric Gosse loue « l’efficacité » du contrat de développement du haut niveau, qui a permis de préparer les athlètes aux Jeux, et se dit fier du statut de la France comme première nation au monde en triathlon, en termes de résultats et de structuration. Le rayonnement de la FFTri s’étend aux instances internationales, où elle travaille à accroître son influence et sa représentation. Elle compte notamment un élu au Board de la Fédération internationale et une élue à la Fédération européenne.
//Marianne Quiles
(*) Rappelons que la FFTri rassemble 12 disciplines : triathlon, duathlon, raids, aquathlon, bike and run, swimrun, swimbike, triathlon des neiges, duathlon des neiges, cross duathlon, cross triathlon, cyclathlon/vétathlon.




