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Yvan Chaix, ADT Hautes-Alpes « On a tourné la page de la mono-activité »

  • 16 janv.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 avr.

Début de saison record dans les Hautes-Alpes, avec une fréquentation soutenue à Noël, modérément enneigé, et en janvier, bien blanc et froid. Les réservations d’hébergements sont en hausse de 3% pour le reste de la saison.



« Les clients sont satisfaits, même dans des conditions moyennes. Au-delà de l’activité, ils cherchent avant tout l’émerveillement du blanc et du grand froid », observe Yvan Chaix, directeur de l’Agence de développement. Le département dispose de 400 000 lits touristiques, dont plus des deux tiers en station, de 1 200 à 1 850m d’altitude. L’hiver réalise 60% du CA touristique mais compte pour 40% des 22,9 millions de nuitées annuelles (une tendance à la hausse depuis dix ans), et le tourisme contribue pour 25% à la richesse du département.


Palette d’activités hors-ski


Si 84 % des visiteurs hivernaux dévalent les pistes, ils ne se limitent pas à cette pratique exclusive. Ils sont 22% à se tourner vers les activités nordiques (ski de fond et raquettes), 20,5% vers la randonnée, et 6,5% s’intéressent au bien-être. « On a tourné la page de la mono-activité, les attentes ont changé », indique Yvan Chaix. « Même si la vente de forfaits se maintient, le temps de ski diminue, à la fois sur les remontées mécaniques, plus rapides, et sur les pistes, mieux aménagées ». La diversification trouve son origine dans plusieurs hivers difficiles, dans les années 1990, créant un sursaut chez les acteurs du tourisme. Les domaines skiables se sont équipés d’un réseau de neige de culture et arrivent à préparer les pistes avec peu de neige. Et l’offre s’est enrichie. Une grande palette d’activités hors-ski est disponible en hiver : tyrolienne, luge 4 saisons, fatbike… A basse altitude, en début ou fin de saison, on réoriente parfois rapidement l’offre pour proposer une alternative, en VTT, par exemple, avec matériel et moniteurs. « L’an dernier, un transfert puissant de clientèle a eu lieu au niveau local, de stations basses vers d’autres en altitude, soit un trajet de quelques dizaines de minutes », note Yvan Chaix. Les politiques publiques accompagnent cette évolution. La Région et le Département financent les projets d’équipements et infrastructures des collectivités, dans le cadre des « contrats station » ou « contrats espace valléen », à hauteur de 130 millions d’euros.


© Rémi Morel OT Serre-Ponçon

Renouvellement de la clientèle


Les études ClimSnow montrent cependant une projection rassurante dans les Hautes-Alpes jusqu’en 2050, l’altitude et l’exposition permettant de garantir l’activité des stations. « Par ailleurs, les idées reçues sur le ski – « la fin du ski », « clientèle de niche » - ne se vérifient pas chez nous. Ici, la clientèle se renouvelle : 45% des touristes ont moins de 35 ans, et les écoles de ski battent des records de fréquentation avec les enfants », rappelle Yvan Chaix, qui explique que le département se singularise dans le paysage de la montagne française : « On dit que l’économie du ski s’oppose à la transition climatique ? Les politiques publiques peuvent parfois rater parfois leur cible : nous sommes le département le moins peuplé, le plus préservé, le plus « bio », disposant de réserves d’eau, et trois emplois sur dix se trouvent dans le secteur des énergies renouvelables ». //Marianne Quiles

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