Sébastien Dubourg, Auvergne-Rhône-Alpes : « La diversification ne peut se financer que par le ski »
- 2 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 avr.
La diversification des stations fait partie des priorités du Plan montagne de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Aujourd’hui, on a plus de projets pour des luges quatre saisons que pour des enneigeurs », indique Sébastien Dubourg, conseiller régional, président de la commission montagne et maire du Mont-Dore (Puy-de-Dôme).

Sur un Plan montagne doté de 100 millions d’euros, la ligne budgétaire pour la neige de culture est de 30 M€ et celle pour la diversification, de 15 M€, plus une enveloppe de 20 M€ pour le développement durable en station et une de 5 M€ pour les petites stations. « Sur le deuxième Plan montagne, nous avons maintenu le même budget pour la neige de culture, mais on observe aujourd’hui que la demande de financement est moindre. A mi-mandat, seuls 31% de l’enveloppe des enneigeurs ont été consommés, alors que nous sommes à 55% sur l’enveloppe diversification », explique Sébastien Dubourg. Les projets concernent les luges, les tyroliennes, les parcs accrobranches, les murs d’escalade, les parcours de VTT, de trail, ainsi que de plus en plus des projets culturels. « Nous devons être conscients que la diversification ne peut se financer que par le ski, qui reste l’activité économique la plus rentable. Disons-le clairement, le ski est irremplaçable ! Pendant des années, on s’est demandé par quoi le remplacer. Mais on ne peut pas ! Avoir des enneigeurs est donc nécessaire, bien qu’il faille veiller à la rentabilité. Cette saison, nous avons fait les vacances de Noël grâce à la neige de culture. En revanche, il faut trouver d’autres solutions pour ne plus dépendre à 100% du ski », lance l’édile, qui a œuvré en ce sens au Mont-Dore.
L’expérience terrain
« Au début de notre mandat, la station réalisait un chiffre d’affaires de 600K€ en été et de 3,5 M€ en hiver, principalement sur les quatre semaines de février. Quand il n’y avait pas de neige et donc pas de ski, on était à zéro. Ce n’était plus viable ! Aujourd’hui, en cas de mauvais hiver, nous pouvons offrir à notre clientèle d’autres activités et réaliser au moins 1,5 M€ de recettes. Ce ne sont certes pas les 3,5 M€ attendus normalement, mais c’est toujours mieux que zéro, et l’été atteint maintenant 1,8 M€. Je suis sûr que dans quelques années, les deux courbes été/hiver vont se rapprocher », estime Sébastien Dubourg. Parmi les activités à développer sur son territoire, le maire s’intéresse notamment au fatscoot ainsi qu’au fatbike. « Le vélo a toute sa place en montagne. L’avantage du fat, c’est que l’on peut rouler dans toutes les conditions, sur la neige comme sur la terre. Car, souvent, le problème du concept 4 saisons, c’est de n’avoir pas assez de neige pour le ski et trop pour les activités estivales ! » Seul bémol : « Les conflits d’usage entre marcheurs et deux-roues ». L’escalade retient aussi l’attention de l’élu : « Il est paradoxal de voir l’escalade exploser en ville et de ne pas capitaliser dessus dans nos territoires ».
La diversification des activités nécessite cependant de repenser l’organisation de la station. « La solution réside dans la réactivité, ce qui implique des équipes très polyvalentes. Le perchiste doit pouvoir travailler au parc aventure s’il n’y a pas de neige, par exemple ».

Découvrir la montagne
Autre axe de travail de la Région, l’aide au voyage des enfants à la montagne. « Il est important de faire découvrir la montagne et ses activités aux enfants, ce sont les pratiquants de demain », explique le président de commission. La Région consacre un budget de 6 M€ au transport des enfants du primaire. « C’est un axe important qui a très bien fonctionné. Nous avons ainsi transporté quelque 140 000 enfants du primaire pour des séjours d’au moins deux nuits. Il y a beaucoup d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’aller à la montagne et nous, les petites stations, nous sommes très contents de les accueillir. Selon bon nombre de professeur rencontrés, s’il n’y avait pas cette aide, le déplacement ne serait pas possible », souligne Sébastien Dubourg, qui reste confiant sur l’avenir des territoires de montagne : « La montagne plaira toujours ! Les gens ont besoin de changer d’air, à nous de savoir les occuper ».
//Emmanuel Gravaud




