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Jean-Yves Rémy, Labellemontagne  « Aucune activité alternative ne rivalise avec le ski »

  • 10 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 avr.


Fondé à La Bresse-Hohneck, dans les Vosges, le groupe Labellemontagne s’est étendu dans d’autres massifs. Il gère aujourd’hui plusieurs domaines skiables de profils très différents en Savoie (Saint-François Longchamp, Flumet, Notre-Dame de Bellecombe), Haute-Savoie (Praz-sur-Arly, Manigod) et dans les Hautes-Alpes (Risoul 1850). Une diversité qui offre au pdg, Jean-Yves Rémy, un regard d’ensemble sur les problématiques de la moyenne montagne.



« Les contextes diffèrent énormément selon l'emplacement géographique, comme entre les Vosges ou les Alpes. Les dynamiques sont différentes. Historiquement, les Vosges font face depuis longtemps aux aléas neigeux, ce qui a créé une tradition d'offre multisaison et multiactivités. Cependant, l'activité neige a pris un poids économique important, surpassant les autres activités en termes de dynamisme économique », souligne Jean-Yves Rémy.

Cela fait bien deux décennies que les Vosgiens sont confrontés à une variabilité accrue des conditions d’enneigement, rendant l’activité ski de moins en moins garantie d’une saison sur l’autre. « Si le ski reste l’activité économique majeure, rappelons-le, l’importance de la diversification s’accroît. Certaines activités complémentaires, comme la luge quatre saisons, ont été mises en place pour compenser les manques à gagner liés à l’hiver, mais leur poids économique reste limité, entre 10 et 30 % selon les sites », indique le pdg. Le concept 4 saisons est déjà une réalité, dans les Vosges notamment, mais il doit être relativisé, estime-t-il : « Les activités d’été, comme la randonnée, le vélo, voire le culturel, sont difficiles à transposer en hiver, en raison des conditions climatiques, du froid, du gel et de la dangerosité éventuelle des parcours ». Aujourd’hui encore, et malgré un travail de longue date, l’été génère un flux économique inférieur à l’hiver, « et les remontées mécaniques sont rarement rentables hors saison de ski ».


Stratégies d’adaptation et agilité


« L’agilité et la polyvalence sont au cœur de notre stratégie : il ne s’agit pas d’abandonner le ski, mais au contraire de le promouvoir quand les conditions sont bonnes, tout en continuant à proposer d’autres activités ». Cela passe, par exemple, par une adaptation des tarifs. A La Bresse-Hohneck, c’est quand il y a de la neige que l’on fait des promotions : « L’objectif est d’attirer le public et de maximiser les flux quand les conditions d’enneigement sont là. C’est possible dans les Vosges, où nous avons principalement une clientèle de proximité, ce qui permet plus de réactivité selon la météo. La problématique est différente dans les Alpes, où la concurrence est très forte. La diversification est moins efficiente pour les stations de basse altitude, face à la concurrence immédiate de stations plus enneigées », explique Jean-Yves Rémy.

Pour le patron du groupe Labellemontagne, les politiques de diversification sont indispensables, mais elles ont aussi leurs limites : « Aucune activité alternative ne rivalise, à ce jour, avec le ski en termes de flux économique. Plusieurs petites activités complémentaires existent, et c’est un atout, mais leur cumul ne compense pas la perte du ski ».


© LA BRESSE-HOHNECK/B.Jamot


L’adaptation demande une anticipation forte et une gouvernance capable de dépasser les intérêts particuliers et la force de l’habitude. « Les derniers exemples de fermetures dramatiques soulignent l’importance de réagir avant d’atteindre une situation de déficit structurel de l’activité ski. L’évolution implique notamment de réorganiser les domaines skiables, par exemple, en se recentrant sur les secteurs mieux enneigés pour économiser ailleurs ». L’idée d’une station « de loisirs » plutôt que strictement « de ski » commence aussi à s’imposer, particulièrement pour les petites structures de basse altitude, telle la station vosgienne de La Schlucht, indique Jean-Yves Rémy. « Il faut continuer à investir dans des activités complémentaires, tout en maintenant l’offre ski avec réactivité et souplesse », résume-t-il.

//Emmanuel Gravaud

 

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