Jean-Marc Vengeon, SNGM : « Le guide est un passeur d’émotions »
- 17 juin
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Dernière mise à jour : 23 juin
Adaptation, diversification, féminisation... En perpétuelle évolution, le métier de guide fait face à de nombreux défis. Le point avec Jean-Marc Vengeon, président du Syndicat national des guides de montagne.

Le métier de guide rencontre toujours le même engouement. A chaque promotion, ce sont plus de deux cents candidats qui tentent l’examen probatoire, pour seulement une cinquantaine de places. « Les inscriptions au probatoire sont toujours aussi fortes, observe Jean-Marc Vengeon, président du SNGM. La liste de courses en montagne a été rallongée et le niveau en escalade a considérablement augmenté. Maintenant, passer du 7a à vue est banal. En revanche, nous ne favorisons pas la surenchère en alpinisme, ce qui prime c’est l’expérience et le vécu en montagne sur des courses complexes ».
Malgré un réel effort de la profession pour féminiser le métier – depuis Martine Rolland, première femme diplômée en 1983 – celui-ci reste encore très majoritairement masculin. Actuellement, sur les 1 330 guides adhérents en activité, on compte seule- ment 46 femmes. « Le point positif, c’est qu’aujourd’hui il y a des femmes dans chaque promo, environ 5%. Cela est encore faible, mais marque une évolution. Ce n’est pas une question de niveau technique, mais plutôt de leadership. Nous travaillons en amont avec les fédérations au niveau des groupes excellence, par exemple, afin de lever certaines barrières pour permettre aux jeunes femmes de se projeter comme leader », explique le président.
Le niveau des clients tend lui aussi à augmenter, grâce au trail et à l’escalade indoor.
« Le développement du trail fait qu’il y a un nombre croissant de clients avec un très bon niveau physique qui souhaitent découvrir la haute montagne. Cela facilite grandement la pratique de l’alpinisme et du ski de rando. A nous d’inculquer l’aspect technique, en étant avant tout des passeurs d’émotions. De la même manière, il y a beaucoup plus de gens agiles en escalade, pour avoir déjà pratiqué en salle, que ce soit dans leur scolarité ou plus tard
dans une salle privée », constate Jean-Marc Vengeon.

Le poids de la Haute-Savoie
Si, professionnellement, la haute montagne demeure le territoire exclusif du guide, le métier s’est diversifié : escalade, via ferrata, canyoning... L’activité se concentre sur les Alpes (seulement 6% dans les Pyrénées), en particulier en Haute-Savoie (41%), du fait, évidemment, du pouvoir d’attraction du massif du Mont-Blanc, et en Savoie (17%), avec le poids du ski en hiver. Viennent ensuite les Hautes-Alpes (16%) et l’Isère (11%). « On observe un rééquilibrage de l’activité entre l’été et l’hiver, grâce au ski de randonnée et au ski hors-piste, ainsi qu’à la cascade de glace.» Mais le changement climatique a décalé la saison des courses de neige dès le mois de juin. « Il devient compliqué de faire des courses de neige au mois d’août. Du coup, il n’y a plus vraiment de période creuse au printemps. Et l’automne est la saison des voyages lointains, de l’escalade dans le Sud ou des travaux en hauteur », indique le président.
Si le réchauffement climatique exige des guides une grande capacité d’adaptation, un tout autre risque menace le métier : l’assurance. Le syndicat a choisi la solidarité et la mutualisation. « En effet, nous pensons qu’un contrat de groupe protège mieux les guides confrontés à un accident plutôt que le chacun pour soi ». Mais avec les années et le nombre de guides en exercice, la sinistralité augmente mécaniquement. Face à l’infla- tion des indemnités accordées par les tribunaux en répa- ration de préjudices corporels, les primes d’assurance s’envolent. Un sujet qui, au-delà du métier de guide, est un fait de société. ❚ EG




