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Guillaume Roger, N’Py « Etre en ordre de marche face à la transition climatique »

  • 12 janv.
  • 2 min de lecture

« La diversification, chez nous, date d’il y a longtemps », rappelle avec humour Guillaume Roger, directeur d’exploitation du groupement N’Py (Nouvelles Pyrénées). L’industrie du ski a en effet succédé au thermalisme, créé dès le 19ème siècle, comme grande activité économique locale. 


« On n’a jamais eu de saison catastrophique, mais la situation est aléatoire », résume Guillaume Roger. « Certaines périodes hivernales manquent de neige, sans entraîner cependant de rupture. Chez N’Py, on prépare la transition en diversifiant les activités ». Société d’économie mixte, N’Py regroupe depuis 2005 huit domaines skiables non reliés, dans les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques : Cauterets, Peyragudes, Gourette, la Pierre-Saint-Martin, Luz-Ardiden, le Grand Tourmalet-Barèges-La Mongie, le Pic du Midi et Piau-Engaly. Représentant 50 % du marché du ski pyrénéen, N’Py est la marque commerciale de la Compagnie des Pyrénées (dont les actionnaires sont des acteurs publics, les stations, EDF, le Crédit Agricole…).



Guillaume Roger, directeur d’exploitation du groupement N’Py (Pyrénées)   @Paul Quintana
Guillaume Roger, directeur d’exploitation du groupement N’Py (Pyrénées) @Paul Quintana

Bascule sur un autre modèle

« L’étude ClimSnow donne une espérance de skiabilité plutôt bonne dans les Pyrénées à l’horizon 2035, grâce aux outils déjà mis en place : enneigeurs, dameuses dotées de GPS… Mais il est utile d’être en ordre de marche pour pouvoir basculer sur un autre modèle, plus diversifié », assure le responsable. La SAS Compagnie des Pyrénées Participations intervient ainsi dans le financement des stations, en optant pour des infrastructures compatibles avec les activités estivales : plutôt que des télésièges, elle préfère opter pour des télécabines, transportant des vélos en été, par exemple, et amenant le public, en toute saison, sur des points en hauteur, au départ de randonnées. La future télécabine du Grand Tourmalet desservira par exemple en 2026-2027 un restaurant d’altitude, un circuit de luge loisir et une tyrolienne, pour un montant de travaux évalué à 14 millions d’euros. L’exemple de la luge vient d‘ailleurs : des directeurs et techniciens de stations se sont inspirés des Alpes françaises et suisses pour étudier comment passer en quelques jours du mode hiver au mode été. Certains loueurs de skis sont pour leur part capables de ressortir les VTT à Noël. Une situation qui nécessite d’adapter leur capacité de stockage et leur logiciel de réservation, et de faire appel à des moniteurs pour assurer l’encadrement. Ouverts de mai à octobre, les bike parks du Tourmalet et de Peyragudes (où se déroule une étape de Coupe du monde UCI MTB) peuvent être activés si besoin en hiver. « A Noël, on a vu passer des VTT dans les remontées mécaniques, qui utilisaient le bas des pistes non enneigé », témoigne Guillaume Roger. Parmi les autres activités outdoor d’hiver, 3 stations proposent de la tyrolienne. « Les revenus issus de la diversification ne peuvent pas rivaliser avec ceux de l’hiver. On n’a pas encore trouvé le modèle économique, mais on y travaille », conclut Guillaume Roger. //Marianne Quiles

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