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Escalade : les chiffres-clés de l’année 2025

  • 12 janv.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 avr.

C’est au Salon de l’escalade, le 10 janvier à Paris, que l’USC a dévoilé sa 2e étude annuelle. Une occasion de mettre en lumière la pratique et le marché, et les défis qui attendent le secteur.



La méthodologie de l’étude, réalisée en partenariat avec la FFME et l’UDSE, a évolué depuis l’an dernier, puisque les licenciés de la Fédération ne représentent plus que 35% du panel (2 588 personnes majeures), contre 65% en 2024, intégrant ainsi le poids des salles privées.

Quelque 66% des répondants ont déclaré que leur lieu de pratique principal se situait dans les salles privées, 28% dans les salles ou gymnases gérées par un club ou une collectivité, et 6% en site naturel, un dernier chiffre qui peut s’expliquer par l’absence d’adhérents de la FFCAM parmi l’échantillon. La pratique du bloc (78%) précède la difficulté (75%) et la vitesse (1%).


Un effet JO sur la pratique ?

Avec 1,9 millions de grimpeurs, le taux de pratique dans la population reste inchangé par rapport à l’an dernier, à 4% – en 14e position, loin du trio randonnée/natation/ running. Si les salles ne constatent pas une dynamique liée à un effet JO, la FFME, elle, lui attribue la hausse de ses licences de 4,2%, à 125 120 unités. « La tendance reste freinée », ajoute Anne Grospeillet-Quintin, directrice générale de la Fédération, qui explique : « Nous n’avons pas assez de place pour accueillir les nouveaux jeunes, les listes d’attente sont longues. Les moins de 18 ans comptent pour plus de 50% de nos effectifs, et dans cette tranche d’âge, les filles sont majoritaires ».

De façon plus générale, les femmes, davantage présentes en difficulté, qu’en bloc représentent 48% des « Faire venir de nouveaux publics à l’escalade », Mika Mawem

grimpeurs, 58% chez ceux ayant moins d’un an de pratique. Moins régulières que les hommes (le manque de temps est invoqué à 66%), elles prennent plus de cours (48%). Les salles ont à cœur de « préserver leur tranquillité » et d’assurer leur bien

être, affirme Ghislain Brillet, président de l’Union des salles d’escalade (UDSE).


Un nouveau souffle pour investir

Les 291 salles privées, dont le nombre augmente de 1,7%, soit une salle pour 26 174 habitants, font de la France un des pays les mieux équipés au monde, mais avec des situations contrastées. Il reste des départements où renforcer l’offre. « Le public des grandes zones de chalandise non équipées est prêt à se déplacer pour découvrir de nouveaux sites », assure Ghislain Brillet. Si la fréquentation est stable (+0,2%), le CA des salles accuse une baisse de 5%, touchant les activités de restauration et de team building et l’espace boutique. Dans ces lieux de vie, néanmoins, 69% des personnes interrogées boivent un verre, 57% profitent de la restauration et 55% participent aux animations festives. « Les charges des salles ne baissent pas, et celles-ci devront composer cette année avec la hausse du SMIC. Comment maintenir un niveau d’exigence élevé, et proposer un parcours client agréable, avec encadrement, sécurité et accessibilité ? Il faut se recentrer sur l’essentiel, à savoir l’escalade », estime Ghislain Brillet. Il remarque que les Français, prudents, cherchent à faire des économies. Les clients « one shot », qui hésitent entre bowling, escape game..., font défaut aux salles, mais les sportifs sont toujours là. Le président de l’UDSE veut croire que la fin du remboursement du PGE datant de la période Covid va permettre aux salles de bénéficier d’un « nouveau souffle ». Mika Mawem, champion du monde de bloc en 2023 et fondateur de la salle LFM à Colmar (Haut-Rhin), où il exploite son concept Footing Vertical, incite les salles à avoir l’audace d’investir : « C’est ce qui fera venir de nouveaux publics, seniors, personnes en situation de handicap... », affirme-t-il.


Une consommation encore mal connue

Pour la première fois, l’étude de l’USC tente d’apporter quelques éléments à propos du marché, comme elle le fait depuis des années pour d’autres univers. Mais elle peine encore à présenter des chiffres globaux sur le volume de paires de chaussons vendues, faute de compter quelques grands noms du secteur parmi ses adhérents.

Menées par les leaders La Sportiva, Scarpa et Simond, les six premières marques se partagent 75% du marché. Le prix moyen des chaussons s’élève à 105 euros, achetés sur internet pour 19% d’entre eux. Par ailleurs, 96% des grimpeurs possèdent leur propre paire, et 59% en possèdent plus de deux. Les femmes consomment moins, seules 17% changent de chaussons tous les ans, poste pour lequel elles dépensent 13% de moins que les hommes. De façon globale, le renouvellement se fait tous les deux ans ou moins chez 61% des grimpeurs. Quant au ressemelage, il progresse d’1 point par rapport à 2024 : 60% des pratiquants s’y adonnent, tous les 13 mois en moyenne. En fin de vie, près de la moitié des paires restent dans un placard (42%), 15% sont jetées, tandis que 28% sont recyclées dans les salles, 14% sont données ou revendus.

Au-delà des chiffres, qui restent à interpréter, l’escalade reste dynamique par sa pratique et s’est durablement implantée dans le paysage du sport.
//Marianne Quiles


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