Domaines skiables : un hiver en forte progression
- 1 déc. 2025
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Réunis pour leur congrès annuel début octobre à Toulouse, les opérateurs de domaines skiables ont dressé un bilan très positif de l’hiver 2024/2025 et accélèrent sur la transition.

Domaine skiable Les Sybelles ©Agence Zoom
Avec 54,78 millions de journées skieurs enregistrés durant l’hiver 2024-2025, les domaines skiables français affichent une hausse de leur fréquentation de 5,5 %, par rapport à la saison précédente (et +4,9 % comparativement à la moyenne des trois dernières saisons). Soit près de 3 millions de journées supplémentaires sur un an, portés entre autres par la clientèle étrangère. Les recettes directes générées s’élèvent désormais à 2 milliards d’euros. Des résultats très positifs qui confortent la France comme 2e destination mondiale de ski, derrière les États-Unis (61,5 M) et devant l’Autriche (51,8 M). « Ce dernier hiver est de belle facture, avec une croissance du chiffre d’affaires qui se confirme », se réjouit Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France (DSF, 238 opérateurs ou domaines skiables).
Au-delà des chiffres, ce bilan atteste leur attractivité et la résilience des opérateurs. « L’engouement pour le ski ne se dément pas », assure-t-il, ajoutant que 13 % des Français skient régulièrement (7 % pour le ski nordique). « Et l’hiver à venir se présente sous les meilleurs auspices avec du froid et d’abondantes chutes de neige en novembre qui ont entrainé la préouverture de nombreuses stations de ski dans tous les massifs ». De quoi doper les réservations, en hausse de 6 %, à fin novembre.
Quid des éco-engagements ?
Pour autant les défis à relever sont nombreux, notamment en termes d’environnement en lien avec le réchauffement climatique. L’opportunité pour DSF de faire un point sur les éco-engagements pris il y a cinq ans pour atteindre la neutralité carbone en 2037. Pour chacun des 16 actés, la progression est sensible, avec un taux de conformité des sociétés d’exploitation proche de 80 % (compter 90 % à l’échelle du parc des remontées mécaniques de chaque domaine skiable). Selon les thématiques, les résultats varient : déploiement du bilan carbone (86 %), optimisation de la production de neige (95 %), mise à disposition de l’eau pour le pastoralisme (95 %), inventaire écologique (73 %), ramassage des déchets (96 %)… S’y ajoute le démontage des installations obsolètes. Sur les 69 recensés par DSF (dont 44 dans les Alpes) sur 45 sites dans cinq massifs, 12 ont été démantelées bénévolement par les exploitants, à raison de trois par an depuis 2020, notamment à Métabief (Jura), La Bresse (Vosges), et récemment à Notre-Dame du Pré (Savoie).
Solidarité face aux enjeux climatiques
« Après analyse de notre feuille de route, nous sommes globalement dans les clous mais nous constatons une poche de résistance dans les domaines skiables plus petits sur des sujets comme l’eau, la biodiversité, la consommation d’énergie, par manque de moyens humains et financiers. C’est plus difficile pour les petits exploitants (environ 110 domaines) quand on est en mode survie », explique Laurent Reynaud. Pour y remédier, DSF a créé, en 2024, un pôle RSE basé sur la solidarité. « Le principe de ce dispositif repose sur l’entraide, les plus grandes stations venant en soutien aux plus vulnérables, à l’instar des 2 Alpes avec le Col de Porte », détaille le directeur délégué, qui aura aussi recours à des prestataires. DSF réfléchit actuellement à des « mariages », en concertation avec les opérateurs pour généraliser la pratique. « Il est important de maintenir ces stations de proximité car ce sont elles qui initient les futures générations au ski », dit-il. En parallèle, sa police d’assurance Nivalliance contre les aléas climatiques a permis de verser plus de 455 000 € à huit sociétés de remontées mécaniques nécessiteuses durant l’hiver 2024-2025 (23 M€ au total sur 20 ans).
Enfin, en juin 2024, DSF via le fonds Génération Montagne a signé un partenariat avec la Fédération française handisport (FFH) en vue des JOP 2030. « Nous allons accompagner 1 000 personnes en situation de handicap cet hiver et nous nous sommes donnés cinq ans pour le faire grandir », termine Laurent Reynaud. Avec, chaque année, a minima 30 000 € d’aides à la FFH.
//Patricia Rey




