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Charles Van der Elst, FFCAM : « Quelle reconnaissance pour l’alpinisme ? »

  • 16 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juin

Sécurité et environnement sont au cœur des actions de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), qui a formulé une demande de délégation pour l’alpinisme.



L’annonce a produit une profonde déception dans les rangs des athlètes français : l’escalade sur glace ne figurera pas aux Jeux olympiques d’hiver 2030. Cette discipline spectaculaire, proche, dans sa gestuelle, de l’alpinisme contemporain de haut niveau, est portée en France par la FFCAM, qui en est la fédération délégataire depuis 2022.

« Les athlètes sont effondrés », confie Charles Van der Elst, président de la Fédération.

« Nous comprenons la problématique du Cojop, mais je pense que c’était l’occasion de montrer un autre visage de la montagne ». Ce sont aussi des chances de médailles tricolores qui s’envolent.


Cela fait plus de 150 ans que la FFCAM, qui compte 115 000 adhérents, accompagne la pratique de l'alpinisme dans ses évolutions. Aujourd’hui, deux de ses priorités sont la sécurité et l’environnement. « On observe une augmentation du nombre de pratiquants et l’arrivée d’un public qui n’a pas les codes. Or, en montagne, c’est une question de sécurité. C’est donc à la Fédération de partager les bonnes techniques, d’autant que celles-ci évoluent », explique Charles Van der Elst.


C’est dans cet esprit que la FFCAM a lancé une campagne de prévention et d’information sur le thème : « En montagne, on s’encorde ! » Cet outil didactique, qui s’appuie notamment sur les travaux de l’ENSA (Ecole nationale de ski et d’alpinisme), rappelle les différents modes d’encordement à adopter en fonction des terrains et des situations. En réponse peut-être aussi aux pratiquants influencés par les exploits d’une élite sportive, qui multiplie les solos en faisant tomber les chronos. « Nous ne sommes pas là pour édicter les bonnes et mauvaises pratiques. Personnellement, je suis admiratif de nos grands alpinistes. Mais ce qu’ils font n’est pas accessible à tout le monde ».



La FFCAM est aussi un acteur de la protection de l’environnement. Lors de son assemblée générale en mars dernier, la Fédération a voté la généralisation de la contribution environnementale d’1€ par licence, jusqu’alors facultative. « En tant qu’acteur historique de la montagne et de l’alpinisme, la FFCAM a une responsabilité particulière. Cette contribution additionnelle va nous permettre de structurer notre action et d’amplifier sa portée », explique Charles Van der Elst. Cette contribution, qui reste facultative pour les jeunes, devrait rapporter a minima 80 000€ supplémentaires au budget environnement.


Une délégation pour l’alpinisme ?

Forte de son engagement historique, la FFCAM a déposé une demande de délégation auprès du ministère des Sports pour l’alpinisme. « Il ne s’agit pas d’une délégation pour porter une activité de compétition, mais d’accompagner l’activité et de protéger les pratiquants, d’autant que l’alpinisme entre dans le champ des activités en environnement spécifique. Nous demandons juste que cette responsabilité sur l’alpinisme soit reconnue », explique le président. Jusqu’ici, aucune délégation n’avait été accordée, du fait qu’il n’y a pas de compétition stricto sensu en alpinisme. Avec ses actions de formation, ses refuges, ses groupes espoirs et excellence et autres initiatives en faveur de la discipline, la FFCAM semble cocher toutes les cases pour obtenir une délégation. A la condition aussi que les vieilles rivalités avec la FFME, qui est aujourd’hui concentrée sur ses deux disciplines olympiques, ne soient enfouies sous une épaisse couche de glace. Rappelons juste que le mot « alpinisme » a lui-même été inventé en 1877 dans le bulletin du Club alpin français. Comment faire plus légitime ?EG




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