Benoît Robert, Cluster Montagne « Chaque station a sa spécificité »
- 9 févr.
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Basé à Montmélian (Savoie), le Cluster Montagne regroupe les entreprises françaises du secteur de l’aménagement de la montagne, qui sont au centre des réflexions sur l’économie des stations et sur la diversification.

« Quand on parle de l’univers des stations, il faut se méfier des grandes généralités. Il convient d’abord de distinguer les stations d’altitude, les stations villages, les stades de neige... La plupart des stations de moyenne montagne se sont construites autour d’un village. Mais la notion même de moyenne montagne est différente dans les Vosges, le Jura ou les Alpes. Chaque station a donc sa spécificité, chaque cas est particulier », insiste Benoît Robert, directeur du Cluster Montagne. Même les stations de moyenne montagne des Alpes présentent des profils très différents. « Si l’on regarde la Savoie et la Haute-Savoie, de nombreux massifs préalpins, dont les Aravis, le Chablais, le Vercors, la Chartreuse ou encore les Bauges, sont fortement impactés par le réchauffement climatique », souligne le directeur. « Mais les stations de ces massifs bénéficient d’une situation géographique favorable grâce à la proximité de grands bassins urbains, avec des populations qui ont une forte appétence pour les espaces de moyenne montagne et les activités outdoor ou de loisir », ajoute-t-il. Mais ces activités nécessitent des investissements, qu’il s’agisse de pistes de VTT, d’aires de décollage de parapente, de bases de trail, de parcs aventure ou de luges sur rails. « Malheureusement, les capacités d’investissement de ces stations sont plutôt faibles et proviennent généralement du ski. Or, quand il faut faire des arbitrages, le réflexe est de préférer conforter le modèle développé depuis 60 ans, plutôt que d’envisager des investissements de diversification », regrette Benoît Robert. D’autant que les infrastructures d’été ne correspondent pas forcément aux besoins en hiver. « On ne peut pas proposer de la rando ou du vélo sur les mêmes itinéraires en hiver. Il faut repenser l’aménagement, le balisage, les espaces de restauration. Les accompagnateurs en montagne ont un rôle éminemment important dans cette évolution ».
Un nouvel imaginaire
Pour le directeur du Cluster Montagne, il faudrait aussi repenser l’idée qu’on se fait de la montagne. « Cela fait plusieurs décennies que l’on construit l’imaginaire de la montagne autour du ski seulement. Les gens n’imaginent pas autre chose. Même si le ski reste toujours le moteur économique des stations, il conviendrait de proposer un nouvel imaginaire », suggère-t-il. Maintenir une activité ski rentable reste donc important, « mais il faut réadapter sa stratégie en concentrant l’activité sur des secteurs plus propices en termes d’enneigement, et plus resserrés en termes de remontées. Par ailleurs, on pourrait envisager de n’ouvrir que le week-end voire le mercredi. Il faut introduire plus de souplesse », indique Benoît Robert.




